Une direction bicéphale à la tête du Musée d’Art Contemporain de Lyon

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Isabelle Bertolotti qui s’occupait des expositions au MAC prend la direction du musée ; mais pas seule. Elle est accompagnée par le commissaire indépendant Matthieu Lelièvre. Tous deux œuvreront dans le cadre d’un tout nouveau « pôle muséal » qui a Sylvie Ramond, la directrice du musée des Beaux-Arts, à sa tête. Une « gouvernance collaborative » apte à défendre, voire conforter Lyon dans le cadre d’une compétition internationale féroce. Encore faut-il que tout ce petit monde s’entende bien…

Qui pour remplacer Thierry Raspail, parti à la retraite, à la tête depuis 1984 (!) du MAC (Musée d’Art Contemporain de Lyon), l’homme clef en tant que directeur, chargé à la fois d’animer les murs du musée de la Cité Internationale, mais aussi piloter de la Biennale ?

Les hypothèses sont allées bon train. On avait notamment évoqué le nom de Jean de Loisy qui finit son contrat de président du Palais de Tokyo en 2019 et qui sera d’ailleurs le commissaire de la prochaine Biennale de Lyon 2019. Fausse piste…

Finalement, ce n’est pas une personnalité de l’art extérieure à la région qui prend le manche du musée, comme ce fut le cas par exemple avec Dominique Hervieu pour la Maison de la Danse.

C’est une solution interne qui a été choisie pour assurer la continuité, avec le choix d’une personnalité du sérail lyonnais pour succéder à Thierry Raspail, comme directrice du MAC : Isabelle Bertolotti qui était déjà responsable des expositions et qui est donc bien connue des équipes.

Historienne d’art, formée à l’Université Lyon 2 et à l’Ecole du Louvre est aussi la co-fondatrice et co-directrice artistique depuis 2002, de la manifestation « Rendez-vous/ Jeune création internationale », évènement consacré à la scène émergente française et internationale qui se tient au moment de la Biennale de Lyon.

Depuis 2008, elle organise l’exportation de la manifestation sur des scènes émergentes extra-européennes : Shanghai en 2008, 2010, et 2012, Le Cap en 2013, Singapour en 2015, Pékin en 2017 et La Havane en 2018.

Elle est également commissaire indépendante spécialiste de la scène émergente internationale et présidente de l’ADERA, une association des écoles supérieures d’art et de design de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui gère 40 ateliers d’artistes et accompagne une centaines d’artistes dans des projets d’expositions et d’édition…

Mais elle ne prend pas les manettes seule : elle est accompagnée de Matthieu Lelièvre, historien de l’art et commissaire indépendant qui œuvrera en tant que conseiller artistique avec pour mission de développer les liens avec la jeune création et les réseaux internationaux, si importants dans le milieu de l’art contemporain, de surcroît s’agissant de la Biennale.

Une gouvernance collaborative

Mais autre nouveauté : cette nouvelle gouvernance bicéphale s’inscrit dans une pyramide en haut de laquelle se trouve Sylvie Ramond, la directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon qui est aussi à la tête du pôle des musées d’art de la Ville de Lyon, initié seulement au printemps dernier.

Un travail qui se veut désormais collectif et qui, selon Loïc Graber, l’adjoint à la Culture de la ville de Lyon, «  marque un tournant dans la politique culturelle de la Ville de Lyon avec l’ambition de donner une envergure internationale à ses musées et à leurs collections à travers des projets transversaux innovants. »

Sylvie Ramond est une forte personnalité qui s’était dans le passé portée candidate à la direction de Louvre . Elle a donc obtenu, il y a peu, que le MAC Lyon, ainsi que sa prestigieuse Biennale de Lyon et le (jeune) public soit placés sous sa responsabilité.

Bref, désormais Lyon est organisé sous la forme « d’un pôle muséal capable d’affronter la compétition internationale féroce ».

Pour l’heure, la feuille de route est tracée.

L’ambition est désormais fortement affichée : le regard du MAC se tourne vers des scènes étrangères innovantes en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe.

Cet accent mis à l’international vient en parallèle d’une action qui se veut «  forte » au niveau local : le MAC se voit désormais attribuer un rôle d’animateur de l’art contemporain sur tout le territoire lyonnais.

Amplifier les liens

L’objectif est d’amplifier les liens avec de nouvelles générations d’artistes ainsi qu’avec les établissements d’enseignement (Ensba – école des Beaux-Arts de Lyon, Ecole d’architecture, INSA, ENS… ; mais aussi les écoles des métiers d’art, la formation professionnelle, SEPR…), tout en s’associant à des manifestations et festivals culturels.

Une gouvernance collaborative pour décloisonner en quelque sorte ; et forte du rayonnement espéré, pour s’imposer à l’international. Vaste programme !

Propriété de publication

Cet article "Une direction bicéphale à la tête du Musée d'Art Contemporain de Lyon" est une publication du site Lyon-Entreprises.com lisible sur le site source à cette adresse http://www.lyon-entreprises.com/News/Carnet-dirigeants/Une-direction-bicephale-a-la-tete-du-Musee-d-Art-Contemporain-de-Lyon-i87158.html.

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